Les conflits armés impactent profondément le monde de la finance, notamment en ce qui concerne l’économie et les investissements. L’inflation, l’augmentation des taux d’intérêt, et les fluctuations sur les marchés des matières premières ne sont que quelques-unes des réalités observées. Analysons comment les conflits influencent les prêts et le crédit, et découvrons les stratégies pour protéger son patrimoine.
À retenir :
- La guerre provoque l’inflation et peut mener à l’hyperinflation.
- Les taux d’intérêt s’envolent souvent durant les conflits.
- Les matières premières voient généralement leur prix augmenter.
- L’or est perçu comme une valeur refuge en temps de guerre.
- Les actions et obligations souffrent généralement pendant les conflits.
L’impact des conflits sur l’inflation et les taux d’intérêt
Les guerres influencent considérablement l’inflation et les taux d’intérêt, avec des répercussions directes sur le crédit. Les pays engagés dans des conflits augmentent leur production monétaire, ce qui peut entraîner une dépréciation de la monnaie locale. Par exemple, la première Guerre mondiale a provoqué une hyperinflation en Autriche.
La destruction des installations de production réduit l’offre de biens, ce qui, combiné avec une masse monétaire croissante, favorise l’inflation. En période de guerre, même des pays non directement impliqués, tels que la Suisse, voient une augmentation des prix en raison d’une diminution de l’importation de biens à bas coût.
Comment la guerre influence-t-elle les taux d’intérêt ?
La hausse de l’inflation incite les banques nationales à augmenter les taux d’intérêt pour stabiliser leur monnaie. Prenons l’exemple de la banque centrale russe qui a doublé son taux directeur suite à l’invasion de l’Ukraine en 2022. Cette augmentation a été une réponse à la dévaluation rapide du rouble, qui avait perdu un tiers de sa valeur en une seule journée.
Malgré des taux d’intérêt élevés, il n’est pas conseillé de stocker son argent dans des comptes d’épargne en période de guerre. La dépréciation continue de la monnaie peut engendrer des pertes nettes. C’est pourquoi beaucoup optent pour la fuite vers des valeurs tangibles comme l’or.
Les effets de la guerre sur les matières premières
Durant les guerres, le pétrole, les métaux et les céréales voient souvent leurs prix augmenter. Cette hausse dépend des pays impliqués dans le conflit. En 2022, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait bondir les prix des céréales, car ces deux nations sont d’importants exportateurs de ce produit.
Quand un conflit touche un pays producteur de pétrole, les installations peuvent être endommagées, entravant l’extraction. Les prix du pétrole peuvent alors grimper, impactant les budgets des consommateurs pour l’énergie.
L’influence sur l’or et son rôle comme valeur refuge
Contrairement à d’autres biens, l’or n’est pas directement affecté par la guerre. Mais il est perçu comme une valeur refuge, protégeant contre l’inflation. En période de crise, le prix de l’or tend à augmenter car il est universellement considéré comme un échange stable et reconnu.
Les investisseurs se tournent vers l’or dès l’annonce d’une inflation croissante, pour se prémunir contre les baisses de valeur de la monnaie.
Impact des conflits sur les actions et obligations
Les marchés boursiers font partie des grands perdants durant les conflits. L’incertitude et la perturbation des activités commerciales tirent les cours vers le bas. Cette chute est plus marquée lorsque le pays est directement impliqué et perçoit une défaite imminente.
Pourtant, certaines entreprises prospèrent, notamment celles actives dans l’armement. Les actions des groupes alimentaires, pharmaceutiques et télécoms montrent une résilience due à une demande stable même en temps de guerre.
Effets sur les obligations et les emprunts de guerre
Les États en guerre cherchent à emprunter davantage. Bien que les rendements des obligations augmentent, l’inflation annule souvent ces gains. Les obligations d’État sont habituellement perçues comme sûres, mais le risque est amplifié en temps de guerre.
Les États émettent fréquemment des emprunts de guerre, pour financer leur effort militaire. Bien que présentés comme sacrifiants, ces emprunts ne sont pas toujours rentables, excepté dans quelques cas comme l’emprunt de défense suisse de 1936.
Défis posés par les prêts et crédits en temps de guerre
La guerre transforme le paysage du crédit. Le besoin accru de financements modifie les conditions de crédit en temps de crise. Les banques, sous stress, peuvent limiter l’accès aux prêts, rendant le crédit plus coûteux et plus difficile à obtenir.
Les prêts immobiliers en période de conflit souffrent également. Les guerres réduisent la valeur des biens dans les zones touchées, entraînant un risque accru pour les prêteurs.
La Banque de France et les crédits en temps de guerre
En temps de guerre, la Banque de France joue un rôle crucial. Elle accompagne les établissements financiers afin de minimiser les dommages économiques et tenter de stabiliser le crédit bancaire. La rapide dégradation de la confiance peut entraîner une élévation du coût du crédit, rendant des projets de financement plus risqués et onéreux.
Par ailleurs, les crédits en temps de guerre peuvent être ajustés ou rééchelonnés pour refléter les nouvelles réalités économiques. Les emprunteurs doivent comprendre que les effets économiques de la guerre sur le crédit peuvent varier entre différents produits financiers.
L’examen du passé nous apprend que l’alternance entre des politiques monétaires agressives et conservatrices est fréquente en temps de guerre. Cela pousse les prêteurs et emprunteurs à s’adapter continuellement, non seulement aux coûts, mais aussi au droit des prêts en temps de guerre.
Nicolas Brémand est juriste en droit du numérique au niveau européen. Il a été enseignant et chercheur. Nicolas aime transmettre ses connaissances aux autres. Il est tout naturellement devenu rédacteur web sur des sujets comme la finance, le numérique et bien d’autres.
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