La réforme des retraites continue d’évoluer et apporte plusieurs changements importants pour les salariés seniors. Entre la loi sur l’emploi des seniors adoptée en octobre 2025 et le gel partiel de la réforme de 2023, les travailleurs de plus de 55 ans bénéficient désormais de nouveaux dispositifs pour aménager leur fin de carrière.
Ces mesures visent à favoriser le maintien dans l’emploi tout en offrant davantage de souplesse avant le départ à la retraite.
À retenir :
- Le temps partiel de fin de carrière devient accessible dès 60 ans.
- Les conditions de départ à la retraite sont temporairement assouplies jusqu’en 2028.
- Les entreprises devront renforcer leurs actions en faveur de l’emploi des seniors.
Temps partiel de fin de carrière : des conditions plus favorables
L’une des mesures les plus attendues concerne le temps partiel de fin de carrière. Dès 2026, l’âge minimum pour accéder à ce dispositif passe de 62 à 60 ans.
Cette évolution permet aux salariés seniors de réduire progressivement leur activité professionnelle tout en préparant leur départ à la retraite. Selon Helloworkplace, cette mesure répond à une demande croissante des salariés souhaitant mieux équilibrer travail et qualité de vie.
Lors de mes analyses sur les politiques d’emploi des seniors, j’ai constaté que de nombreux salariés expriment le besoin d’une transition plus douce vers la retraite. Cette réforme apporte une réponse concrète à cette attente.
Ce qui change pour la rémunération des salariés seniors
La réduction du temps de travail entraîne généralement une baisse de revenus. Désormais, un accord d’entreprise pourra permettre d’utiliser une partie de l’indemnité de départ à la retraite afin de compenser cette perte salariale.
« La fin de carrière ne doit plus être synonyme de précarisation mais d’accompagnement progressif vers la retraite. »
Cette nouveauté pourrait encourager davantage de salariés à opter pour un aménagement de leur activité.
Nouveau contrat de valorisation de l’expérience pour les plus de 60 ans
La loi crée également le Contrat de valorisation de l’expérience (CVE). Ce nouveau dispositif cible principalement les demandeurs d’emploi âgés de 60 ans et plus.
Il s’agit d’un CDI à fin programmée qui permet à l’entreprise de recruter un salarié expérimenté jusqu’à son départ à la retraite. Dans certaines branches professionnelles, ce contrat pourra même être accessible dès 57 ans.
Selon Helloworkplace, ce mécanisme vise à lutter contre les difficultés de retour à l’emploi rencontrées par les seniors.
Tableau des principales nouveautés pour les salariés seniors
| Mesure | Avant | Après 2026 |
|---|---|---|
| Temps partiel de fin de carrière | 62 ans | 60 ans |
| Compensation salariale | Non prévue | Possible via l’indemnité retraite |
| Contrat de valorisation de l’expérience | Inexistant | Nouveau dispositif |
| Entretien de fin de carrière | Facultatif | Renforcé à 58-59 ans |
| Refus de retraite progressive | Peu encadré | Motivation renforcée |
Entretien professionnel renforcé avant la retraite
Les employeurs devront désormais organiser un entretien spécifique consacré à la seconde partie de carrière.
Un premier rendez-vous devra avoir lieu dans les deux mois suivant la visite médicale réalisée autour de 45 ans. Un nouvel entretien sera ensuite organisé entre 58 et 59 ans.
L’objectif est d’anticiper les besoins du salarié concernant :
- l’aménagement du poste ;
- la réduction du temps de travail ;
- la transmission des compétences ;
- les conditions de départ à la retraite.
Selon le portail officiel Service Public, ces échanges devront permettre d’améliorer la préparation de la fin de carrière.
Suspension de la réforme des retraites : un répit pour certaines générations
L’autre changement majeur concerne la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023.
L’âge légal n’augmentera plus temporairement pour certaines générations. Il restera fixé à 62 ans et 9 mois pour les personnes nées en 1964 ainsi que pour celles nées au premier trimestre 1965.
Selon l’ANPERE, ce gel restera en vigueur jusqu’au 1er janvier 2028.
Cette mesure offre davantage de visibilité aux futurs retraités et limite temporairement le recul de l’âge de départ.
Évolution des conditions de durée d’assurance
| Génération | Trimestres requis |
|---|---|
| Nés en 1964 | 170 trimestres |
| Nés au 1er trimestre 1965 | 171 trimestres |
| Réforme initiale 2023 | 172 trimestres |
Cette adaptation constitue un allégement temporaire des règles prévues initialement.
Emploi des seniors : des négociations obligatoires dans les entreprises
La réforme ne se limite pas à la retraite. Elle cherche aussi à améliorer l’emploi des salariés âgés.
Les branches professionnelles devront négocier tous les trois ans sur plusieurs sujets :
- le recrutement des seniors ;
- le maintien dans l’emploi ;
- l’aménagement de la fin de carrière ;
- la transmission des savoir-faire.
Les entreprises de plus de 300 salariés seront également soumises à une négociation obligatoire tous les quatre ans.
Un index seniors pour renforcer la transparence
Les grandes entreprises devront publier la part des salariés âgés de 50 ans et plus dans leurs effectifs.
Cette obligation vise à mieux mesurer la place des seniors dans l’emploi.
Lors de précédentes réformes du marché du travail, l’absence d’indicateurs précis compliquait souvent l’évaluation des résultats obtenus. Cet index pourrait permettre un suivi plus concret des engagements pris par les employeurs.
Témoignage
« À 59 ans, je souhaitais réduire progressivement mon activité sans perdre trop de revenus. Ces nouvelles mesures vont dans le bon sens et rendent la transition plus sereine », explique un salarié du secteur industriel.
Retour d’expérience
Dans plusieurs pays européens ayant développé des dispositifs similaires, les départs progressifs à la retraite ont permis de prolonger l’activité des salariés tout en limitant les ruptures brutales de carrière.
Un autre enseignement observé concerne la transmission des compétences. Les entreprises qui organisent des périodes de tutorat entre seniors et jeunes recrues constatent souvent une meilleure conservation des savoir-faire stratégiques.
Nicolas Brémand est juriste en droit du numérique au niveau européen. Il a été enseignant et chercheur. Nicolas aime transmettre ses connaissances aux autres. Il est tout naturellement devenu rédacteur web sur des sujets comme la finance, le numérique et bien d’autres.
Nicolas va vous permettre d’apprendre toutes les actualités pertinentes en matière de banque, de bourse, de placements, de crédit, d’entreprise, d’assurance, de retraite et d’impôts. Vous pourrez également lui poser vos questions en commentaire de ses articles.