Commencer à investir avant 30 ans peut faire une vraie différence sur le long terme. Même avec un budget limité, le temps joue en faveur des jeunes investisseurs grâce à la capitalisation des gains. Encore faut-il savoir quels placements choisir, quel niveau de risque accepter et comment organiser son épargne. Pour approfondir la question et comprendre Comment investir son argent selon ses objectifs, il est utile de comparer les différentes solutions disponibles avant de se lancer.
À moins de 30 ans, l’objectif n’est pas forcément de rechercher le rendement maximal immédiatement. Il s’agit surtout de construire de bonnes habitudes financières, de se constituer une épargne de sécurité et de commencer progressivement à investir sur des supports adaptés à son horizon de placement.
Pourquoi commencer à investir avant 30 ans ?
Le principal avantage d’un jeune investisseur est le temps. Plus la durée de placement est longue, plus il devient possible de lisser les fluctuations des marchés et de profiter des intérêts composés.
Concrètement, les gains générés par un placement peuvent eux-mêmes produire de nouveaux gains au fil des années. Ce mécanisme devient particulièrement intéressant lorsque l’investissement est régulier et maintenu sur une longue période.
Commencer tôt permet également de prendre de l’expérience progressivement. Un investisseur de 25 ans qui débute avec de petites sommes peut apprendre à mieux comprendre les marchés, les différents produits financiers et sa propre tolérance au risque avant d’engager des montants plus importants.
Commencer par se constituer une épargne de sécurité
Avant d’investir sur des supports susceptibles de fluctuer, il est préférable de disposer d’une réserve d’argent immédiatement accessible.
Cette épargne de précaution sert notamment à faire face à :
- une réparation automobile imprévue ;
- une période de chômage ;
- une dépense de santé ;
- un déménagement ;
- une facture importante non anticipée.
Le montant nécessaire dépend du niveau de revenus, des charges fixes et de la stabilité professionnelle. Certaines personnes préfèrent conserver l’équivalent de quelques mois de dépenses sur des livrets disponibles à tout moment.
Une fois cette réserve constituée, le surplus d’épargne peut être orienté vers des placements à moyen ou long terme.
Définir ses objectifs avant de choisir un placement
Il n’existe pas de placement idéal pour tous les jeunes de moins de 30 ans. Le choix dépend surtout de l’objectif poursuivi.
Une personne souhaitant acheter sa résidence principale dans trois ans ne prendra généralement pas les mêmes décisions qu’un investisseur qui prépare sa retraite sur un horizon de trente ou quarante ans.
Il est donc utile de distinguer plusieurs horizons :
| Horizon | Objectif possible | Approche |
|---|---|---|
| Court terme | Voyage, voiture, apport immobilier | Privilégier la disponibilité et limiter le risque |
| Moyen terme | Projet immobilier, création d’entreprise | Diversifier en conservant une part sécurisée |
| Long terme | Patrimoine, retraite | Accepter davantage de fluctuations potentielles |
Investir en Bourse progressivement
Pour un jeune investisseur ayant un horizon de plusieurs années, les marchés financiers peuvent constituer une piste intéressante. Ils présentent toutefois un risque de perte en capital et ne doivent pas être considérés comme une source de rendement garanti.
Une méthode couramment utilisée consiste à investir régulièrement une somme fixe plutôt que de chercher le moment parfait pour entrer sur les marchés.
Par exemple, une personne peut décider d’investir chaque mois une petite partie de son salaire. Cette approche permet de répartir les points d’entrée dans le temps et évite de concentrer tout son capital sur une seule date.
Les fonds indiciels et ETF sont également utilisés par certains investisseurs pour obtenir une exposition diversifiée à un grand nombre d’entreprises avec un seul produit financier. Il reste indispensable de comprendre leur fonctionnement, leurs frais et les risques associés avant d’investir.
Ne pas négliger l’assurance-vie
L’assurance-vie peut aussi être envisagée dans une stratégie patrimoniale de long terme. Elle permet généralement d’accéder à plusieurs catégories de supports au sein d’un même contrat.
Les fonds en euros privilégient davantage la sécurité, tandis que les unités de compte permettent d’investir sur différents marchés mais comportent un risque de perte en capital.
Commencer tôt peut présenter un intérêt supplémentaire puisque l’ancienneté du contrat joue un rôle dans son cadre fiscal. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre de disposer d’un patrimoine important pour ouvrir une assurance-vie.
Le PEA pour investir à long terme
Le Plan d’épargne en actions, ou PEA, est un autre support destiné aux investissements en actions éligibles. Son principal intérêt apparaît sur le long terme, notamment grâce à son régime fiscal spécifique après plusieurs années de détention.
Pour une personne de moins de 30 ans qui accepte les fluctuations des marchés et souhaite investir sur une longue période, il peut constituer une enveloppe à étudier.
Comme pour tout investissement en actions, il faut cependant garder à l’esprit qu’une baisse des marchés peut entraîner une diminution temporaire ou durable de la valeur du portefeuille.
Faut-il investir dans l’immobilier avant 30 ans ?
L’immobilier attire de nombreux jeunes actifs, notamment parce qu’il permet parfois d’utiliser le crédit pour financer une partie de l’investissement.
L’achat d’une résidence principale peut constituer un premier projet patrimonial, mais l’investissement locatif est également envisagé par certains épargnants.
Il faut néanmoins prendre en compte l’ensemble des coûts :
- frais de notaire ;
- intérêts du crédit ;
- charges de copropriété ;
- travaux ;
- taxation ;
- vacance locative éventuelle.
L’immobilier ne doit donc pas être considéré automatiquement comme un placement sans risque.
Investir chaque mois plutôt que ponctuellement
L’une des meilleures habitudes à adopter avant 30 ans consiste à automatiser son effort d’épargne. Il est généralement plus simple de mettre de côté une somme fixe chaque mois que d’attendre d’avoir un montant important disponible.
Avec un revenu régulier, il est possible de programmer un virement quelques jours après le versement du salaire. Cette somme peut ensuite être répartie entre une épargne de précaution et des investissements de plus long terme.
Le montant peut être modeste au départ. La régularité compte souvent davantage que la somme investie pendant les premières années.
Diversifier pour limiter les risques
Concentrer toute son épargne sur une seule entreprise, un seul secteur ou un seul actif augmente fortement le niveau de risque.
La diversification consiste au contraire à répartir les placements entre plusieurs catégories d’actifs, secteurs économiques ou zones géographiques.
Un portefeuille peut par exemple associer :
- des liquidités disponibles ;
- des placements financiers diversifiés ;
- une assurance-vie ;
- éventuellement de l’immobilier.
La bonne répartition dépend surtout de l’âge, des projets, du patrimoine déjà détenu et de la capacité à supporter des pertes temporaires.
Éviter quelques erreurs fréquentes
Les jeunes investisseurs peuvent être tentés de rechercher des gains rapides. Pourtant, certaines erreurs peuvent coûter cher.
Il vaut notamment mieux éviter :
- d’investir de l’argent nécessaire à court terme ;
- de suivre aveuglément des recommandations vues sur les réseaux sociaux ;
- de concentrer tout son capital sur un placement très risqué ;
- de multiplier les achats et ventes sans stratégie ;
- d’ignorer les frais et la fiscalité ;
- de s’endetter excessivement pour investir.
Une stratégie simple, diversifiée et adaptée à ses moyens reste généralement plus facile à suivre dans la durée.
Combien investir quand on a moins de 30 ans ?
Il n’existe pas de montant minimum universel. Une personne qui débute sa carrière peut commencer avec quelques dizaines d’euros par mois, puis augmenter progressivement son effort d’épargne à mesure que ses revenus évoluent.
L’essentiel est de ne pas mettre en difficulté son budget quotidien. Les dépenses obligatoires et l’épargne de précaution doivent rester prioritaires.
Une augmentation de salaire peut ensuite être l’occasion d’accroître automatiquement le montant investi chaque mois sans bouleverser son niveau de vie.
En résumé : commencer tôt et rester régulier
Investir avant 30 ans offre surtout un avantage précieux : disposer de plusieurs décennies devant soi. Cette durée permet de construire progressivement un patrimoine, de mieux absorber certaines périodes de baisse et de bénéficier de la capitalisation des gains.
La première étape consiste à mettre en place une épargne de sécurité. Il devient ensuite possible de répartir progressivement son argent entre différents placements selon ses projets et son niveau de risque.
Plutôt que de chercher systématiquement le placement le plus rentable du moment, mieux vaut construire une stratégie cohérente, diversifiée et suffisamment simple pour être conservée sur plusieurs années.
Nicolas Brémand est juriste en droit du numérique au niveau européen. Il a été enseignant et chercheur. Nicolas aime transmettre ses connaissances aux autres. Il est tout naturellement devenu rédacteur web sur des sujets comme la finance, le numérique et bien d’autres.
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